Cremaster Fanatic

L’Appartement

By Céline Georges
celine.georges4@wanadoo.fr


"Attends toi à ce que je me traîne à tes pieds. J’ai constaté que même un silence de toi pouvait pousser mon rire à mourir." --Noir Désir

Elle est allée voir l’exposition Matthew Barney à Paris. La limite entre réalité et fiction était ténue. Dans le hall elle cherche la ressemblance entre son souvenir et ce visage sous le latex.

La première salle de l’exposition faisait l’apologie d’un mannequin Goodyear. Les marques de pneus la suivent depuis sa naissance à la clinique Michelin.

Dans la seconde pièce, un homme lui vole la seule place libre pour regarder l’écran. Elle est habillée pour la circonstance. Une jupe culotte très ample qui va à merveille avec le deuxième Cremaster sur le thème du rodéo. Devant ce taureau magnifique, elle y voit le mythe du sculpteur grec Dédale.

L’homme qui lui a pris la place éclate de rire. Elle est assise par terre. Ses notes éparpillées autour d’elle. Dérangée dans sa concentration, elle se tourne pour le regarder.

Il est maquillé de poudre, porte un faux nez, a une perruque invraisemblable. Il est habillé tout en blanc . Elle voit dans ses yeux une stupeur qui pousse son rire à mourir. Elle connaît ces yeux et ce silence.

Elle continue à regarder le film. Il part. Elle le cherche. Elle regarde toutes les salles, s’attarde en compagnie de chaque film, savoure son absence et arrive à la dernière salle.

Derrière la vitre d’une cage, sont enfermées des colombes. Si elle n’avait pas vu le film de ses souvenirs et le Cremaster 5, elle n’aurait pas pleuré.

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English translation:

The Apartment

"Expect me to drag myself to your feet. I have noticed that even a silence from you could drive my laught to die." --Noir Désir

She's been to the exhibition of Matthew Barney in Paris. The limit between reality and fiction was thin. In the hall, she is looking for similitaries between her memory and this face under the latex.

The first room of the exhibition made the apology of a Goodyear dummy. The tyre's brands have been following her since her birth at the Michelin clinic.

In the second room, a man steals the only free seat to watch the screen. She is dressed for the occasion. A loose breeche-skirt that goes perfectly with the rodeo-themed second Cremaster. In front of this beautiful bull, she sees the myth of the Greek sculptor Dedale.

The man who took her seat bursts out laughing. She is sitting on the floor, her notes scattered around her. Disturbed while trying to concentrate, she turns around to look at him.


He is made up with powder, wears a fake nose, has an incredible wig. He is dressed all in white. She sees in his eyes a stupor that makes her laughter die. She knows these eyes and this silence.

She keeps watching the movie. He leaves. She looks for him. She peeks in all the rooms, spends a moment with each movie, relishes his absence and arrives to the last room.

Behind the glass of a cage, some doves are locked. If she hadn't seen the movie of her memories and Cremaster 5, she wouldn't have cried.